On a beau savoir lire les partitions relativement aisément, ça arrive qu’on veuille jouer une pièce dont la partition n’est pas disponible. Qu’est-ce qu’on fait? Hé bien, je ne te surprendrai pas en disant qu’il va falloir la trouver à l’oreille… Certaines personnes ont plus de facilité que d’autres pour reproduire une mélodie ou même les accords qu’ils entendent mais il s’agit d’une aptitude que nous pouvons tous développer en pratiquant.
Mais c’est quoi le secret? Dans cet article, on va parler de différents trucs qui vont te permettre de trouver tes pièces préférées à l’oreille plus facilement.
Trouver une mélodie
On va commencer par reproduire une mélodie, une note à la fois, c’est un peu plus simple! Il faut commencer par trouver la première note. Cette étape, à moins que tu n’aies l’oreille absolue (vois aussi cet article), auquel cas je crois que tu ne serais pas en train de lire cet article, se fera un peu par tâtonnement. Chante la note de départ de ta chanson et retrouve-la sur le piano. Quand je dis de chanter, fais-le pour vrai, à haute voix. Le fait de sentir comment notre voix est placée aide beaucoup à déterminer si la note est plutôt aigue ou plutôt grave et lorsqu’on connaît notre registre de voix chantée, c’est encore plus précis.
Registre de voix
Je fais une petite parenthèse sur les registres de voix car ceux qui n’ont jamais fait de chant en chorale ou en cours privés ne savent peut-être pas de quoi je parle. Tu as probablement déjà entendu parler d’un ténor ou d’une soprano. Ces mots font référence au registre de leur voix.
Les principaux registres de voix sont les suivants :
Soprano : femme qui a la voix aigue (Maria Callas notamment, mais il y en a plusieurs autres qui sont connues)
Alto : femme qui a la voix grave (je pense à Marie-Nicole Lemieux, qui est même contralto, encore un peu plus grave ou bien Isabelle Boulay)
Ténor : homme qui a la voix aigue (comme Luciano Pavarotti)
Basse : homme qui a la voix grave (par exemple, Johnny Cash)
Je disais donc qu’on chante la première note et on la retrouve sur notre instrument. Ensuite, pour trouver le reste de la mélodie, un bon truc est de fonctionner par intervalle.
Intervalles
D’accord, je fais une autre parenthèse! Un intervalle est une distance entre 2 notes. L’intervalle peut être plus ou moins grand et chacun porte un nom particulier.
Salut, c’est moi, Caroline!
J’aime beaucoup me servir des exercices du site Teoria pour pratiquer les intervalles. Accède aux exercices ici, c’est gratuit. Et voici une vidéo pour te montrer comment je me sers du site.
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Une mélodie est toujours formée d’une suite d’intervalles. C’est pourquoi il est très intéressant de savoir les reconnaître rapidement pour vous aider à trouver vos pièces à l’oreille. Pour pratiquer cet aspect, il faut pouvoir associer un intervalle avec une pièce connue. Par exemple, je sais que quand je chante « Mon beau sapin », l’intervalle formé par les notes de la mélodie de ces 3 mots est une quarte. Si, dans ta mélodie, tu tombes sur un intervalle avec lequel tu peux chanter « Mon beau sapin », ben voilà, tu sais que tu dois monter d’une quarte.
Voici quelques exemples sonores d’intervalles et leur mélodie associée :
Tierce (5è symphonie de Beethoven)
Quarte (Mon beau sapin)
Quinte (Les Pierrafeu)
Trouver des accords
Pour trouver des accords, il faut réussir à entendre l’harmonie : l’accord est-il majeur ou mineur? Comporte-t-il d’autres notes comme la septième par exemple? Et si on veut pousser un peu plus, il faut également arriver à « détacher » la note de basse du reste des sons entendus.
Accord majeur, mineur ou de 7è?
On dit souvent que les accords majeurs sonnent plus « joyeux » ou plus « dynamiques » alors que les accords mineurs sont plus « tristes » ou plus « nostalgiques ». C’est drôle de constater que plusieurs sociétés, avec des références musicales parfois différentes, en viennent à la même conclusion.
Selon une étude (lire l’article) faite en 2013 par des chercheurs américains de l’Université de Californie, à Berkeley, les gens ont tendance à associer une musique rapide en majeur à des couleurs jaunes, claires et vives, tandis qu’une musique plus lente en mineur sera plutôt associée à des couleurs sombres, grises et bleues. Et cette étude a été faite sur près de 100 personnes, dont la moitié vivaient dans la baie de San Francisco et l’autre moitié à Guadalajara au Mexique!
Voici un exemple d'un accord majeur :
Et voici un exemple d'un accord mineur :
Si j'ajoute la 7è, on appelle cet accord un accord de 7è de dominante. En voici un exemple :
Détacher la note de basse du reste de l’accord
Cet aspect est un peu plus avancé mais je vous l’explique brièvement quand même. Si vous souhaitez avoir plus d’information sur le sujet, n’hésitez pas à me le dire en commentaire et je vais vous préparer quelque chose de plus complet.
Dans tous les accords que je viens de vous faire entendre, nous sommes en position fondamentale. C’est-à-dire que si je jouais un accord de SOL majeur, la note la plus grave était SOL. Mais les accords peuvent également être renversés. Si je prends par exemple l’accord de DO, sa position fondamentale sera DO-MI-SOL. Pour le renverser, on doit garder les 3 mêmes notes mais les jouer dans un ordre différent : MI-SOL-DO est le 1er renversement et SOL-DO-MI est le 2è renversement.
Le fait de pouvoir identifier 1) si l’accord est majeur, mineur ou de 7e et 2) quelle est la note la plus grave va vous permettre de trouver non seulement le bon accord mais aussi le bon renversement utilisé.
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Voici l'accord de DO en position fondamentale :
1er renversement :
2è renversement :
Résumé
En résumé, pour trouver des pièces à l’oreille, il faut idéalement développer deux aspects : trouver la mélodie et trouver les accords. Je ne t’apprends rien en disant cela mais j’espère que les quelques trucs et exercices que je t’ai proposés ici vont t’aider à devenir meilleur!


