L’évolution de la notation musicale

Mis à jour le 28 juin 2022

 

T’es-tu déjà demandé d’où venait notre façon d’écrire la musique et même, d’où viennent le nom des notes? Voici un article qui parle d’histoire de la notation musicale et qui répond à ces questions!

Avant l’an 800

Au Moyen-Âge, les chants liturgiques se transmettaient traditionnellement par voie orale. Dans les monastères, où le chant prenait une grande importance, l’apprentissage du répertoire de l’année liturgique (l’année liturgique est un cycle où chaque jour est marqué d’une fête particulière à laquelle correspond un chant spécifique) pouvait prendre jusqu’à 10 ans.

Autour de l’an 800

Le besoin de trouver une façon de noter ces chants a donc commencé à se faire sentir. Les premières notations musicales apparaissent et on commence à écrire la musique avec des neumes. Les neumes sont de petits carrés avec des accents ou des points qui n’indiquent pas d’intervalles précis. Cependant, si le neume dessine un accent de bas en haut alors la voix ira du grave vers l’aigu, et vice-versa. Éventuellement, une ligne horizontale tracée à la pointe sèche apparaîtra dans le but de visualiser les relations de hauteurs entre les sons. La notation neumatique, étant plutôt imprécise, doit être utilisée en faisant appel au souvenir et à l’expérience du chanteur qui veut reproduire le chant noté.

Notation musicale, neumes

Autour de l’an 1000

Pour ajouter plus de précision au niveau des intervalles, on écrit maintenant sur 4 lignes et la disposition des neumes suit vraiment le tracé de la mélodie, selon que celle-ci monte ou descend. Cette notation est dite diastématique.

D’où vient nom des notes?

C’est également à cette époque que le nom des notes qui a été fixé par le moine Guido d’Arezzo. Dans le but de faciliter la mémorisation du nom des notes pour ses élèves, il a utilisé la première strophe d’un hymne à Saint-Jean-Baptiste écrit par le poète Paul Diacre et a composé une nouvelle mélodie. Les syllabes retenues pour le nom des notes (ut, ré, mi, fa, sol, la) correspondent aux débuts de chaque petite phrase du poème.

Lorsqu’on chante la note UT (c’est l’ancien nom de la note DO), on est sur la note do. Quand on chante « Resonare fibris », la mélodie commence sur RÉ, etc. C’est ce qu’on appelle une mélodie solfégique. Le dernier vers n’a pas été utilisé par Guido d’Arezzo, mais autour du XVIIIe siècle, on a repris les deux lettres acrostiches de Sancte Iohannes pour en faire la syllabe SI qu’on a alors attribuée à la septième note de la gamme.

Voici ce que ça donne comme mélodie, en notation diastémique, en écriture moderne et en audio 🙂

 

Ut queant laxis, poème de Paul Diacre, mélodie de Guido d’Arezzo

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Au XIIe siècle

L’écriture musicale connaît une importante évolution avec le remplacement du roseau par la plume d’oie. La pointe de la plume laisse une trace en losange qui se substitue au système des neumes.  Désormais, la mémoire n’est plus le seul vecteur de transmission de la musique. Une tradition écrite se constitue lentement grâce aux manuscrits qui voyageront à travers le réseau des monastères.

L’évolution de la notation musique est directement liée à l’évolution de la musique au XIIe siècle. On compose maintenant de la polyphonie, donc de la musique à plusieurs voix, plutôt que des monodies, à une seule voix. La complexité grandissante de la polyphonie va demander une plus grande précision de la notation afin de synchroniser convenablement les voix.

 

Et le rythme dans tout ça?

La notation neumatique ainsi que la portée, bien qu’ayant été un grand progrès dans l’écriture musicale, restent encore imprécises quant au rythme à adopter. Il devient donc nécessaire d’introduire la dimension de temps dans l’écriture musicale.

Francon de Cologne a écrit vers 1280 un traité qui introduit la notion de temps dans la musiqueOn se met à dessiner les notes différemment selon leur durée.  On utilise la longue, la brève, la semi-brève et pour vous donner une idée, la semi-brève est l’équivalent de notre ronde actuelle.

 

Notation musicale

 

À partir de 1500

Avec l’imprimerie musicale inaugurée en 1501, la notation va s’alléger de certaines complexités pour en arriver, au milieu du siècle, à une notation très proche de la nôtre.  Cependant, la barre de mesure n’a pas encore fait son apparition car la musique polyphonique est toujours publiée en parties séparées.  Elle va apparaître vers la fin du siècle lorsque qu’on commencera à publier des scores comportant toutes les voix sur une même partition.

Ça fait pas mal de chemin parcouru sur 700-800 ans pour instaurer le système de notation musicale qu’on utilise tous les jours, n’est-ce pas?

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3 Commentaires
  1. Richard Chenard

    toujours très instructif .merci pour ce petit bout de culture musical .

  2. Madeleine Bérubé

    Merci de vous mettre au service de la musique et de la célébrer avec nous, en nous partageant d’une façon si intéressante et «nutritive» une partie de son histoire, qui est aussi une partie de notre histoire! (:-))
    Merci de rendre cela disponible pour moi de par votre travail. Et l’apprentissage du piano, enfin à ma portée! 😉

    • Caroline Gobeil

      Merci beaucoup pour ton commentaire Madeleine ! En effet, j’aime beaucoup l’histoire et je trouve ça vraiment intéressant de l’inclure dans la formation musicale que je donne. Je suis très contente de participer à ton apprentissage du piano 🙂